Les symboliques derrière les cheveux et les poils : parce que rien n’est anodin pour notre subconscient

La trichotillomanie est un trouble compulsif caractérisé par le besoin impulsif de s’arracher les cheveux, généralement du cuir chevelu, des sourcils ou des cils. Étant un trouble d’origine psychologique, la symbolique associée aux cheveux et aux poils dans la société et donc dans le subconscient peut avoir un impact important sur la cause de l’arrachage.

Je vais citer ici quelques signification. Je veux juste mentionner le fait que je parle en tant que femme blanche ayant grandi en France.

 

Mon point de vue ne représente que ce que je vis de la culture “occidentale”. De même je ne suis pas psy et ce post n’a pour vocation que de suggérer des pistes d’interprétations et de provoquer la réflexion et l’échange.

 

Je ne suis pas non plus fan du fait de genrer les caractéristiques physiques. Malheureusement, les clichés ont la peau dure et notre subconscient est blindé de symboliques présentes dans notre société depuis des siècles.

1. La féminité

Nous sommes forcé.es de constater : les cheveux, ce sont des éléments clés de la ‘’féminité’’.
Des beaux cheveux, longs, soyeux, épais, coiffés, brushés ; de longs cils pour de beaux yeux de biches et des sourcils bien sculptés sont valorisant chez les personnes considérées comme femmes. Valorisant auprès des autres surtout… et par extension pour elles.

Dès l’enfance on nous inculque cheveux longs = fille, cheveux courts = garçon.

L’arrachage des cheveux peut évoquer un refus, un rejet, une dépréciation de sa féminité…

C’est une des théorie qui expliquerait que la trichotillomanie touche majoritairement des femmes.

 

2. La masculinité

Forcé.es de constater aussi : les poils, c’est un des éléments clés de la masculinités.
Une belle barbe dense, un torse, des bras, des jambes fournies = viril ! Mais chez les femmes, à contrario, c’est vu comme repoussant, pas féminin.

Pour les hommes, l’arrachage des poils peut évoquer un refus, un rejet, une dépréciation de sa masculinité…

Pour les femmes au contraire, ce serait éventuellement un moyen inconscient de repousser cette “masculinité” pour correspondre aux standards de fémininité (la trichotillomanie n’étant pas une action à visée esthéthique consciente – voir le post sur le DSM-5).

3. La jeunesse et la santé

Des cheveux forts, brillants et en bonne santé sont généralement associés à la jeunesse. Les jeunes ont souvent une croissance capillaire rapide et épaisse qui reflètent leur vitalité.

Les premiers signes de grisonnement et la perte de cheveux et de poils sont souvent associés à la perte de cette vitalité et au vieillissement ou à la maladie.

4. L’âge adulte

C’est au moment du passage de l’enfance à l’âge adulte que l’on développe nos poils : aisselles, pubis, torse, ventre, barbe, etc.

C’est un symbole fort du développement sexuel d’un corps et de maturité physique.

5. La bestialité

Les poils et les cheveux ont souvent été associés au concept de “sauvage” pour diverses raisons.

Les poils et les cheveux non coupés, non coiffés ou non stylisés sont souvent considérés comme naturels et non maîtrisés, en opposition à la maîtrise et à la domestication. Comme un refus des normes sociales.

Les poils et les cheveux sont aussi des éléments organiques qui poussent naturellement sur le corps humain et celui des animaux. La présence abondante de poils peut évoquer un lien direct avec la nature et rappeler l’état naturel des choses, par opposition aux normes sociales et culturelles qui encouragent souvent la suppression ou la stylisation des poils.

6. La fourrure

Nos poils et cheveux ne sont pas si éloignés de la fourrure des animaux : nous sommes nous même des animaux.

Certains trichotillomanes, particulièrement les enfants, peuvent se tourner vers les poils d’animaux de compagnie parfois.
La fourrure peut évoquer le réconfort, le sauvage, la chaleur, la richesse, la mort, le renouveau (poils d’été/hiver) la royauté…

Pour ma part, plus ou moins inconsciemment, les cheveux drus que j’arrachent me rappellent parfois le crin des chevaux avec lesquels je faisais de l’équitation plus jeune. C’était des moments de détente, de bonheur et d’insouciance. Y a-t-il un lien ? Je ne sais pas vraiment… mais la piste mérite d’être étudiée sans jugement.

7. Le pouvoir

Les cheveux ont également été associés au symbolisme du pouvoir dans différentes cultures et contextes.

Les cheveux, en particulier lorsqu’ils sont longs et luxuriants, ont souvent été associés à la royauté et au pouvoir. Dans de nombreuses cultures, les monarques et les dirigeants historiques portaient des coiffures élaborées pour signifier leur statut élevé. Les couronnes capillaires étaient parfois considérées comme des symboles de pouvoir divin ou royal.

Dans certaines traditions religieuses et spirituelles, les cheveux peuvent être considérés comme porteurs d’énergie ou de pouvoir spirituel. Dans certaines cultures, les poils ont été considérés comme des talismans protecteurs.

Conclusion

Savoir ce que représente ces attributs que l’on arrache, que l’on enlève de nous peut-être un piste à explorer en thérapie pour apprendre à appréhender et apaiser les épisodes trichotillomanique !

A lire également

Ressources externes

msd

Fiche du DSM sur la trichotillomanie

Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (également désigné par le sigle DSM, abréviation de l'anglais : Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) est un ouvrage de référence publié par l'Association américaine de psychiatrie (American Psychiatric Association ou APA) décrivant et classifiant les troubles mentaux.

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